Museum Blindenwerkstatt Otto Weidt
Un refuge à l'époque de la terreur nazie
Le musée « Blindenwerkstatt Otto Weidt » retrace le destin de nombreuses personnes et rend hommage au courage exceptionnel d’un homme. Otto Weidt est fabricant de balais et de brosses. Pendant la Seconde Guerre mondiale, bien qu’il soit lui-même aveugle, il emploie des Juifs aveugles et sourds. Weidt met tout en œuvre pour les protéger des nazis. Le musée est installé dans son ancien atelier. Depuis 2006, l’exposition vous raconte, à travers huit thèmes, tous les événements liés à l’entreprise de Weidt, à l’aide de pièces exposées émouvantes et impressionnantes.
Se mettre à leur place et comprendre : la vie dans la cachette
Au 39 de la Rosenthaler Straße, Otto Weidt fabrique des brosses et des balais, notamment pour la Wehrmacht. C’est là, ainsi que dans le quartier de Spandauer Vorstadt, qu’il cache ses employés menacés de déportation. Il leur procure de la nourriture et de faux papiers. Si nécessaire, il va même jusqu’à soudoyer la Gestapo. C’est ainsi qu’en 1942, il sauve in extremis plusieurs de ses employés qui attendaient leur déportation dans un camp de rassemblement. Aujourd’hui, au musée, vous marchez sur un simple plancher en bois à travers les anciens ateliers. Les outils de travail d’origine sont disposés comme à l’époque. Sur les murs blancs sont accrochées des photographies représentant des scènes de la vie de l’entreprise ainsi qu’un portrait d’Otto Weidt. Devant celles-ci se trouvent des pupitres à hauteur de hanches sur lesquels sont posées des lettres, des cartes postales et des poèmes des ouvriers de Weidt.
Ces textes traduisent parfois la peur et le désespoir de ces personnes. Mais on y trouve également des cartes de remerciement. Elles font suite aux colis alimentaires que Weidt envoie au ghetto de Theresienstadt. C’est là que certains de ses anciens ouvriers et ouvrières sont détenus. Dans une pièce aux murs nus et dépouillés se trouve encore le poêle en faïence d’origine. Aux murs sont accrochées des photos des personnes qui se sont cachées dans l’atelier de Weidt. Les bords noirs des cadres sobres ressemblent presque à des avis de décès. Une petite pièce sans fenêtre, située tout au fond de l’étage, sert de cachette. Dans un coin se trouve un simple tabouret en bois, rien d’autre. À l’époque, une armoire masquait l’entrée.
Voici ce que vous verrez au musée « Blindenwerkstatt Otto Weidt »
- Des documents relatant des sauvetages réussis (notamment ceux d’Inge Deutschkron et de Georg Licht)
- Des photographies du fondateur de l’entreprise, Otto Weidt
- Des outils originaux utilisés pour la fabrication de balais
- Des lettres, des cartes postales et des photos d’ouvriers emprisonnés
- La cachette dans l'usine d'Otto Weidt (état d'origine)
Le cimetière juif et la salle abandonnée
À quelques minutes à pied à l'ouest du musée, vous arriverez au cimetière de la Große Hamburger Straße, le deuxième plus ancien cimetière juif de Berlin. En 1671, le prince-électeur Frédéric-Guillaume autorise les Juifs persécutés à s'y installer. Ceux-ci y aménagent le cimetière l'année suivante. C’est ici que le célèbre philosophe Moïse Mendelssohn trouva sa dernière demeure en 1786. En 1943, la Gestapo détruisit la cour. Plus tard, la RDA transforma le site en parc. En 2008 enfin, les pierres tombales d’origine, qui avaient été déplacées, furent remises en place. Sur la Koppenplatz, au nord du cimetière juif, un monument rend hommage aux victimes de l’Holocauste : la sculpture en bronze « Der verlassene Raum » (L’espace abandonné) de l’artiste Karl Biedermann. Une table et une chaise sont posées sur une dalle représentant un parquet. Sur une frise, on peut lire les vers « Oh, les cheminées » de l’écrivaine juive et lauréate du prix Nobel Nelly Sachs. Une autre chaise est renversée. Apparemment, quelqu’un a dû quitter la pièce à la hâte…
Informations sur le musée Blindenwerkstatt Otto Weidt
Le moyen le plus rapide pour vous rendre au musée est de prendre la ligne de métro U8 jusqu’à la station Weinmeisterstraße ou les lignes de S-Bahn S5, S7 et S75 jusqu’à la station Hackescher Markt. Depuis ces deux stations, il ne vous faudra que quelques minutes à pied. Le musée est également ouvert le lundi. L’entrée est gratuite. Le dimanche à 15 h, des visites guidées publiques sont organisées sans réservation préalable. Des visites guidées pour les groupes à partir de huit personnes ainsi que des visites spéciales destinées aux visiteurs aveugles, malvoyants et sourds sont également proposées. Pour cela, veuillez vous inscrire six à huit semaines avant la date souhaitée. Des journées thématiques spéciales, consacrées à différents sujets, s’adressent aux classes scolaires et aux groupes de jeunes.
| Mo - So | 10.00 - 18.00 Uhr |